Simplifier l’accord du participe passé – Pour ou contre?

Avez-vous lu l’article du Journal de Montréal du 17 novembre 2021 concernant la simplification de l’accord du participe passé? Plusieurs m’ont demandé ce qu’il en advenait. Voici de l’information à ce sujet.

D’où vient cette idée?

Le Conseil international de la langue française (CILF), à Paris, a proposé, en 2014, de simplifier l’accord du participe passé. La Fédération internationale des professeurs de français (FIPF) a appuyé cette idée en 2016. Au Québec, l’Association québécoise des professeurs de français a emboité le pas a demandé, l’automne dernier, au ministère de l’Éducation de revoir le contenu de ses programmes à ce sujet.

Quelle est la proposition?

On propose de simplifier l’accord du participe passé en deux règles simples :

  1. Le participe passé employé avec l’auxiliaire être s’accorderait avec le sujet.
  2. Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir resterait invariable.

Et ces deux règles vaudraient aussi pour les participes passés des verbes pronominaux.

Est-ce une bonne idée?

Les avis sont partagés ici comme en Europe. Marie-Éva de Villers, linguiste et auteure du Multidictionnaire de la langue française, est d’accord avec l’idée, mais doute que le changement se fasse rapidement. Mario Désilets et Véronique Léger, chargés de cours en français écrit à l’Université de Montréal, appuient, eux aussi, cette idée : « De notre point de vue d’enseignants et de didacticiens du français, toute simplification de la langue est bienvenue si elle s’appuie sur une réflexion rigoureuse et qu’elle améliore la cohérence du système », précisent-ils dans un billet d’opinion du Devoir publié le 9 novembre 2019.

Pourquoi l’accord du participe passé est-il si difficile à appliquer?

Les règles de l’accord du participe passé s’appuient en partie sur la langue italienne du 16e siècle. Par la suite, les grammairiens ont rajouté diverses exceptions d’invariabilité pour suivre le cours de leur époque. « On voulait ajouter des nuances, mais on se souciait peu de la cohérence globale du système », expliquent les didacticiens dans ce même billet.

Que faut-il retenir?

Qu’on soit pour ou contre, cet allègement des règles n’est pas encore attesté, et ce, ni au Québec ni ailleurs dans la francophonie. Si vous voulez revoir les règles d’accord apprises sur les bancs d’école, consultez ces pages sur le participe passé proposées par l’Office québécois de la langue française (OQLF).

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